Entrepreneuriat culturel : experts et acteurs réfléchissent aux défis du secteur à Lomé

Lomé, 1er mars 2026– Le thème « Entreprendre dans la culture en Afrique : enjeux et défis » a réuni, le samedi 28 février 2026, acteurs et entrepreneurs culturels au siège de l’Incubateur culturel Maniet.

Le but est de décrypter les réalités du secteur et identifier les leviers de réussite pour les porteurs de projets culturels. Autour de la table, trois spécialistes ont partagé leurs analyses : Luc Mayitoukou, expert des industries culturelles et créatives et directeur de Zhu Culture ; Nicolas-Étienne Sohou N’Gani, consultant en culture, tourisme, développement et entrepreneuriat culturel ; et Tam Akim Toutou, producteur et directeur de Fanga Music.

L’entrepreneur culturel, un professionnel avant tout

Répondant à la question « Qui est un entrepreneur culturel ? », M. Sohou a expliqué qu’il s’agit d’une personne qui produit et commercialise un bien ou un service culturel. Selon lui, sa réussite repose sur trois piliers fondamentaux : la structuration, la chaîne de valeur et les compétences. « On ne devient pas entrepreneur culturel uniquement par passion. C’est un métier », a-t-il insisté, soulignant la nécessité d’une formation et d’une vision économique claire.

L’expert a également relevé que, bien que la production culturelle soit abondante au Togo, les chaînes de valeur restent souvent incomplètes. D’où l’urgence, pour les acteurs, de maîtriser le modèle économique de leurs projets et de renforcer leurs capacités professionnelles.

Résilience, réseau et stratégie

Les intervenants ont rappelé que le parcours entrepreneurial culturel est jalonné de turbulences. Pour s’imposer, il faut exceller dans son domaine, cultiver la rigueur et s’entourer de partenaires pertinents. Le réseautage et le choix stratégique des collaborations ont été présentés comme des facteurs déterminants d’évolution.

Sur la question du soutien public, les avis divergent. Certains estiment que les pouvoirs publics ont une obligation forte envers la culture. M. Toutou, lui, considère que l’État joue avant tout un rôle régalien. Il a néanmoins souligné que, dans plusieurs pays africains, la culture constitue la première richesse économique.

Selon des données de l’Agence française de développement, les entrepreneurs culturels représenteraient environ 4 % de la population togolaise et le secteur générerait près de 100 milliards de FCFA par an. Des chiffres qui illustrent le potentiel économique d’un domaine capable de créer des emplois et de dynamiser des activités connexes telles que le transport, la restauration, l’hôtellerie ou le commerce d’art.

Au-delà de la passion, les experts s’accordent sur un point : l’entrepreneuriat culturel africain doit désormais se penser comme un véritable secteur économique structuré, capable de transformer la créativité en richesse durable. Alafiakultur

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